Premier jour en rééducation fonctionnelle

Aujourd’hui, encore, tu te souviens de ce premier jour et de beaucoup de détails qui s’entremêlent, qui tous mis bout à bout font que ce jour a été exceptionnel et a certainement duré bien plus que 24 heures! C’était le vendredi 19 novembre, 10 jours après l’accident…

Pour commencer, tu t’adaptes à un nouveau lieu, une nouvelle chambre et une quantité de nouveaux visages. Il y a le planning aussi, les heures de rééducation en kiné et en ergothérapie. Ce personnel qui va être ton tremplin de rééducation, tu y crois, tu t’y accroches…

A compter de ce jour, ce sera 2 séances de 45minute/1 heure de kiné et 45 minutes d’ergothérapie. Cela pendant quelques semaines, des mois…

Tu rencontres ta kiné référente à l’accent qui sent le soleil et l’Espagne accompagnée de la stagiaire qui te suivra. Aucun soucis… Tu es maîtresse d’école et tu connais l’importance des stages pour la formation! Pour ce premier jour, c’est une batterie de tests, d’évaluation pour voir l’état des muscles et des réactions . (Je rappelle pour se situer à ce moment que tu marches mais que tu portes ou lances ton bras gauche plus qu’autre chose pour le diriger… Tu portes encore une écharpe « Dujarier » pour soutenir ton épaule… Bref tu es la fille spirituelle de Robocop) La première séance se passe pas mal, tu reparles de ce qui t’est arrivé, de ton quotidien avant l’accident, de ce que tu espères…

L’après-midi, tu rencontres ta nouvelle ergothérapeute et c’est à nouveau un échange pour faire connaissance. Jusqu’à là, tout va bien… Puis, quelques exercices pour évaluer le point de départ du travail de rééducation. L’ergothérapeute te propose gentiment de te prêter plus tard ce type de cube pour t’exercer dans ta chambre :

C’était sympa, encore aurait-il fallu que tu attrapes, saisisses, soulèves ce cube. Mais c’est encore impossible… Tu enrages intérieurement! Des cubes de la classe de maternelle! Pour être plus précise, voici la taille du cube :

à côté d’une bouteille de 1l

Sur le coup, tu DÉTESTES cette nouvelle ergothérapeute, mais POURQUOIIIIIIIIIIIII? Tu es face à un échec cuisant, une réalité, un cauchemar : tu DÉTESTES cette journée et ce que tu es incapable de faire…

Tu sors de cette salle, dépitée et au fond du seau! Tu vas te reposer 30 minutes avant la séance de kiné… Tu t’endors et te lèves en retard!

Tu files un peu hagard (la tête dans le cul, faut le dire) à la séance de kiné. Tu vas donc passer des tests .La kiné et la kiné stagiaire évaluent de manière notée ta force: pousser avec le pied, la jambe, le bras, la main etc… Tu sais que c’est un moment intéressant de formation pour la stagiaire. Tu ne dis rien mais quand tu entends des notes de 3, 3,5 ou 4 plusieurs fois…Tu as beau serré les dents, tu craques… Tu es maîtresse d’école…Une note, c’est sur 10 ou 20… Tu demandes : « Sur combien c’est? »La kiné te rassure doucement…Sur 5, c’est noté sur 5…Ouf… Mais les vannes sont ouvertes…Trop d’émotion pour la même journée… On t’écoute, tu te sens bête mais ce ne sera pas la première fois…

La rééducation est semée de d’essais (et non d’échec…), d’apprentissages et de défis mais aussi de larmes…

Extrait de l’Instagram « calme comme une grenouille »

Quand tu finis ta journée avec tes parents avec qui tu passes un doux moment… Tu vas beaucoup mieux et de toutes façons, ça fait 10 jours que tu es montée sur les montagnes russes des émotions et le manège n’est pas prêt de s’arrêter!